JEAN XXIII
Angelo RONCALLI (1881-1963)
pape (1958-1963)

Angelo
Roncalli nait le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, prés de Bergame,
en Italie, dans une famille de petits cultivateurs. Ordonné prêtre
en 1904, il devient secrétaire de l'évêque de Bergame, aumônier
d'étudiants en 1918, puis professeur au séminaire du Latran.
Pie XI le fait prélat en 1925 et le nomme représentant officiel
du Saint-Siège en Bulgarie. Pendant neuf ans, il visite les communnutés
catholiques, qui sont minoritaires en Bulgarie et surtout il apprend sur le
terrain, dans les rencontres avec les orthodoxes, la tâche difficile qu'est
l'oecuménisme.
En 1934, il est nommé délégué de Rome pour la Gréce
et la Turquie, pays à la fois tres différents et ennemis. Mgr
Roncalli réussit, à force de doigté, à calmer la
méfiance et l'acrimonie de Kemal Atatürk envers Rome et il établit
par ailleurs des liens d'amitié avec le patriarche de Constantinople
Athénagoras. Pendant la guerre, entre 1940 et 1944, il arrache un certain
nombre de juifs aux mains des nazis qui occupent la Grèce.
En novembre 1944, il est nommé nonce à Paris et y trouve une situation
extrèmement délicate : le Gouvernement provisoire de la République
voulait que fussent destitués une soixantaine d'évêques
francais qui s'étaient montrés, à ses yeux, coupables de
faiblesse de caractère devant l'occupant. Mgr Roncalli obtient à
force de diplomatie, que trois évêques seulement soient amenés
à quitter leur siège. Pendant les neuf ans (1944-1953) où
il est nonce à Paris, il entre en amitié avec des hommes politiques
aux idées trés différentes des siennes tels Vincent Auriol
ou Edouard Herriot. En revanche il se montre plutôt proche des chrétiens
traditionalistes et marque des réticences par rapport à la Mission
de France et aux prêtres-ouvriers (qui feront l'objet d'une interdiction
de la part de Rome en 1954).
Cardinal en 1953, il est alors nommé archevêque de Venise, où
il manifestera un accueil plein de délicatesse et de bonté envers
tous.
Le
28 octobre 1958, au douzième tour de scrutin pour l'élection du
nouveau pape qui doit remplacer Pie XII, c'est le cardinal Roncalli qui est
élu, à l'étonnement de tous. Il prend le nom de Jean (en
l'honneur de l'humble saint Jean-Baptiste). Ce pontife de soixante-dix-sept
ans est alors généralement regardé comme un "pape
de transition" entre la difficile succession de Pie XII et l'aspiration
des catholiques à une ère nouvelle de l'Eglise. Par ailleurs,
le nouveau pape, de petite taille, corpulent, un peu tassé par l'âge,
n'a rien de l'allure hièratique de son prédécesseur. Mais
tres vite, on s'aperçoit que sa physionomie mobile et souriante, ainsi
que ses yeux vifs, "parlent", et les mass media n'ont aucune peine
à imposer cette image d'un paysan proche des réalites, plein de
bonté, d'astuce et de sagesse.
Six
semaines aprés son élection, Jean XXIII annonce la nomination
de vingt-trois cardinaux (parrni lesquels Mgr Montini, le futur Paul VI), dépassant
ainsi le nombre auquel s'en tient le Sacré Collège depuis près
de quatre siècles (jamais pape n'aura créé autant de cardinaux
en si peu de temps : cinquante-cinq en quatre ans), élargissant ces nominations
à toutes les nationalités. Par là, il commence à
renouveler la Curie romaine et à reorganiser le gouvernement de l'Eglise.
Trois mois aprés son élection, le 25 janvier 1959, il annonce
une nouvelle qui fait l'effet d'une bombe : la convocation du second Concile
du Vatican; il décide en même temps d'ouvrir un synode pour le
diocèse de Rome.
Aussitôt Jean XXIII fait accélérer le processus de préparation
du Concile. Dés juin 1959, il envoie une lettre à tous les évêques
du monde entier pour leur demander leurs suggestions. Le Concile parvient à
se réunir le 11 octobre 1962, dans des délais qui représentent
un record pour une réalisation de cet ordre. Avant le début de
l'assemblée, le 15 mai 1961, Jean XXIII avait signé une lettre
encyclique importante, Mater et magistra sur le rôle de l'Eglise et au
cours même du Concile le 11 avril 1963, une autre, plus importante encore,
Pacem in terris, sur la paix du monde. Ces encycliques ont un grand retentissement
au-delà même des frontières de l'Eglise.
Jean
XXIII suit avec une vive attention les travaux du Concile, en veillant cependant
avec le plus grand soin à ne pas intervenir et à laisser les deux
mille évêques mener librement leurs travaux. Mais la maladie l'a
déjà atteint et il ne cesse de souffrir. Entouré d'une
sympathie universelle, il est surnommé "le bon pape Jean";
l'annonce de sa maladie lui attire d'innombrables manifestations d'affection
et d'estime. Son agonie, touchante par son humanité et sa simplicité,
est suivie heure par heure dans le monde.
Il meurt le soir du lundi de Pentecôte 3 juin 1963, Aprés cinquante-cinq
mois seulement d'un pontificat qui aura néanmoins suscité de grands
changements dans l'Eglise
(Encyclopédie
Universalis)