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«Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)

Date: 10 novembre 2018

feuille secteur n°902 2018-10-21

«Cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres » (Mc 12, 38-44)

En ce 11 novembre où nous commémorons l’armistice de 1918 et rendons hommage aux « poilus » de la Grande Guerre, deux des textes de ce dimanche nous donnent une veuve en exemple (Mc 12, 38-44 et 1 R 17, 10-16). Celle dont Jésus nous parle dans l’Évangile donne « plus que tous les autres » proportionnellement à sa richesse, tandis que dans le 1er livre des Rois, la veuve fait un choix qui peut nous sembler irrationnel. Alors qu’elle et son fils n’ont presque plus rien à manger et n’ont d’autre perspective que de mourir après avoir mangé leur reste, elle accepte de partager avec Elie le peu qu’il lui reste. Sa confiance et sa générosité seront finalement récompensées car « pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger ». Cependant, au moment où elle a accepté de donner, elle mourait de faim et elle ne savait pas que son choix serait payant sur le long terme.
Cette histoire peut nous interpeler et nous interroger sur ce que nous aurions fait à la place de la veuve. Sommes-nous capables de faire preuve de générosité lorsque nous sommes nous-mêmes dans le besoin ? Savons-nous rester sensibles aux autres et leur venir en aide, lorsque nous avons nos propres soucis ? Ou pensons-nous au contraire qu’avant d’envisager de faire preuve de générosité, il est plus raisonnable d’attendre le moment où nous aurons suffisamment accumulé …même si ce moment n’arrive jamais ?

À l’image de la veuve, nous pouvons Lui faire confiance et donner de notre argent, de notre pain, de notre temps, même si nous n’en avons pas en abondance, afin de contribuer à rendre ce monde meilleur. Concrètement, cela peut prendre différentes formes : les missions au service de l’Église, l’accueil de réfugiés avec Welcome Fontenay, le parrainage de jeunes pour leur insertion professionnelle avec « Atout Différence », l’aide aux organisations caritatives en sont quelques exemples sur notre secteur. Le 18 novembre prochain, la quête impérée en faveur du Secours Catholique sera l’occasion de porter une attention particulière envers les pauvres et faire preuve de générosité, comme nous y invite le pape François.
Lors des Rencontres du christianisme social qui ont eu lieu les 2-3-4 novembre, les nombreux témoignages de Chrétiens engagés pour agir et travailler au bien commun ont montré que leurs engagements pouvaient porter du fruit et apporter plus de solidarité dans notre société. Nous pouvons tous contribuer à un tel objectif, même avec des moyens modestes.
Les guerres trouvant souvent leurs origines dans les inégalités économiques et les rancunes, faire preuve de générosité pour les réduire, c’est aussi contribuer à la paix. C’est donc également une belle manière de rendre hommage aux « poilus » qui se sont battus en 1914-18 dans l’espoir que cette guerre soit la « Der des Ders » et débouche sur une paix durable.

Bien fraternellement, Jacques Fertil, diacre