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Éditorial
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« Quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité je ne suis rien » (1Co 13, 2).

Date: 3 février 2019

Semaine du 3 au 9 février 2019 – Année C

Jr 1, 4-5.17-19 ; Ps 70 ; 1 Co 12, 31-13, 13 ;  1 Co 13, 4-13 ; Lc 4, 21-30

La liturgie de la parole de ce 4ème dimanche du temps ordinaire, nous invite à recevoir une nouvelle fois, le célèbre hymne à la charité de la première épître aux Corinthiens de Saint Paul. Nous avons toujours besoin d’entendre et de réentendre cet encouragement à la charité sans laquelle nous ne sommes rien : « Quand j’aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter les montagnes, si je n’ai pas la charité je ne suis rien » (1Co 13, 2).

Mais, remarque le Pape François : « Le mot ‘‘amour’’, l’un des plus utilisés dans notre monde, semble souvent défiguré ». Ces précisément l’objet de cet hymne de nous remettre devant les yeux certaines caractéristiques essentielles de l’amour véritable.

Relevons simplement son enseignement sur une première caractéristique de l’amour véritable : la patience – « La charité est patiente » 1 Co 13,4.

La patience au sens biblique se révèle quand la personne ne se laisse pas mener par ses impulsions et évite d’agresser les autres. Dieu est le premier à patienter envers nous, pour nous donner le temps d’accueil de sa grâce et du repentir que suscite cette grâce.

Le Pape François note que nous sommes souvent impatients par orgueil et égoïsme. Le monde doit tourner autour de nous et notre volonté seule doit s’accomplir. Alors tout ce qui nous est contraire, nous impatiente, nous porte même parfois à une certaine agressivité. Si nous ne cultivons pas la patience, nous aurons toujours des excuses pour répondre avec colère, et en fin de compte nous deviendrons des personnes qui ne savent pas cohabiter, antisociales et incapables de refréner les pulsions, et notre famille risque de se transformer en champ de bataille. Cette patience se renforce quand je reconnais que l’autre aussi a le droit de vivre sur cette terre près de moi, tel qu’il est. Peu importe qu’il soit pour moi un fardeau, qu’il contrarie mes plans, qu’il me dérange par sa manière d’être ou par ses idées, qu’il ne soit pas tout ce que j’espérais. L’amour a toujours un sens de profonde compassion qui porte à accepter l’autre comme une partie de ce monde, même quand il agit autrement que je l’aurais désiré.

Si vous voulez poursuivre cette méditation, je vous invite à lire ou à relire le très beau commentaire qu’en fait le Pape François dans son document sur la famille : Amoris Laetitia – n°89 à 119.

Père Vincent Paulhac

Illustration : Photo de  John Woo.