Nous avons tous part à un seul pain.

Après l’Esprit Saint à Pentecôte, la Sainte Trinité dimanche dernier, nous fêtons aujourd’hui la Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Et aujourd’hui dans les quatre paroisses de Fontenay, de nombreux enfants du catéchisme vont communier pour la première fois au corps du Christ.

L’Eucharistie, « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Vatican II, Lumen gentium, 11), nous rassemble pour rendre grâce du don de Dieu, don de son Fils, descendu du ciel pour nous sauver. Jésus, dans l’Évangile de Jean nous le dit : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » (Jn 6, 51) Communiant au corps du Christ, nous nous fortifions, nous mettons nos pas dans ceux de Jésus, nous nous mettons à l’écoute de sa Parole car « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. » (Dt 8, 3)

Lors de nos eucharisties, nous faisons mémoire du Christ comme il nous l’a demandé lors de son dernier repas : « Faites cela en mémoire de moi. » (Lc 22, 19) Et nous le faisons ensemble, Peuple de Dieu ; chacun venant avec sa vie, ses joies et ses tristesses, pour rencontrer le Christ et rendre grâce avec toute la communauté.

Mais, comme nous le rappelle l’apôtre Paul : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » (1Co 10, 17) Lors de nos eucharisties, par notre présence active et priante, renouvelés et fortifiés par le Corps du Christ, nous sommes, chacun de nous et ensemble, signe de « l’unité du peuple de Dieu que ce grand sacrement [l’Eucharistie] signifie en perfection et réalise admirablement. » (Vatican II, Lumen gentium, 11)

Oui, le pain et le vin de l’Eucharistie, Corps et Sang du Christ présent parmi nous, partagés et consommés, nous fortifient et nous constituent Peuple de Dieu, Église, elle-même Corps du Christ. Sachons ensemble être unis au sein du peuple de Dieu, pour être présents au monde et à nos frères.

 

Il vous donnera un autre Défenseur

À mesure que nous approchons de la Pentecôte, la troisième Personne de la Trinité prend une place de plus en plus importante dans la Parole de Dieu. Ce dimanche, Jésus lui donne deux noms : le Défenseur, et l’Esprit de vérité. C’est par la force de la vérité que l’Esprit Saint nous défend contre le mal. Celui-ci peut prendre trois formes différentes, que la Tradition a clairement distinguées : le diable, la chair, et le monde. Voyons comment l’Esprit nous protège de chacun d’eux.

Premièrement, l’Esprit nous défend face à Satan (l’adversaire). Parmi ses noms divers, il y a le diable (celui qui divise), mais aussi l’accusateur (cf Ac 12,10) Satan cherche sans cesse à nous culpabiliser, à nous faire éprouver du remords, afin de nous désespérer du pardon de Dieu. L’Esprit, au contraire, nous console. S’il nous éclaire sur nos péchés, ce n’est pas pour nous écraser, c’est au contraire pour nous en libérer à travers le pardon de Dieu, librement demandé et reçu.

Deuxièmement, l’Esprit nous défend face à la chair. Ce terme ne signifie pas le corps, qui est bon parce que créé par Dieu, mais toutes les tendances égoïstes qui nous éloignent du Seigneur (cf la liste de Ga 5,19‑21) Celui qui se laisse conduire par elles est leur esclave (cf Ga 5,17) Mais « voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. » (Ga 5,22‑23) Quel fruit savoureux, à la fois pour celui qui le porte et pour ceux qui l’entourent !

Troisièmement, l’Esprit nous défend face au monde. Avant d’envoyer ses disciples en mission, Jésus leur dit : « on portera la main sur vous et l’on vous persécutera […] Je vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. » (Lc 21,12.15) C’est l’Esprit Saint qui nous donne le langage et la sagesse du Christ, nous défendant ainsi des accusateurs.

Alors, comment bénéficier de l’aide de l’Esprit, le meilleur des généraux dans le combat spirituel ? Jésus nous répond clairement : c’est en gardant ses commandements. « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous ». Seigneur, que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel !


                                                                                                                                      

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À contre-courant

Quelque part, dans une rue de Fontenay-sous-Bois,

- Madame Ledoux, vous avez vu les résultats de dimanche dernier ?

- Oh, docteur Delaplace, ne m’en parlez pas. Ça a mis la pagaille dans ma famille : rendez-vous compte : j’ai un petit-fils qui est militant « d’En Marche » qui traite son cousin de Nœuds-Lez-Mines de fachiste parce qu’il a soutenu Madame LE PEN, alors que leur cousine Myriam est, quant à elle, une Mélechoniste passionnée. Les parents de cette dernière, Pierre et sa femme Sabine sont des sympathisants de Benoît HAMON. Le frère de Sabine, mon dernier, Albert était pour François FILLON. Dire qu’on va se retrouver samedi pour la confirmation de son aîné, Sébastien.

- Vous craignez une dispute autour des petits fours ?

- Oui, docteur, sans compter que la jeune génération, - j’entends par là, celle des parents et des petits enfants – n’arrête pas de s’envoyer des mails et des messages sur les réseaux sociaux pour célébrer la victoire de la République ou pour prédire l’effondrement de la Démocratie. C’est terrible, d’autant plus que si je souris à l’un plutôt qu’à l’autre, ils vont croire que je prends parti. Les jeunes sont tellement sensibles aujourd’hui. De mon temps, c’était plus simple, on ne choisissait pas un candidat comme un yaourt. Une fois qu’il était élu, on se mordait parfois les doigts, mais on rentrait dans le rang. Faut pas oublier qu’on choisit des Gouvernants et qu’on est bien obligé de s’y faire. Tout ce petit monde oublie que la démocratie, c’est point de se choisir celui qui nous obéira, mais bien celui avec qui on devra faire. Vous en pensez quoi, vous ?

- Oh moi, madame Ledoux, j’en pense qu’il ne faut pas confondre le Président de la République avec le Messie. Je suis républicain dans ma tête, mais un peu royaliste dans mon cœur. Je m’explique : pour le bien commun, les affaires du pays ou de l’Europe, je vote pour les gouvernants que la Providence essaie de nous donner. Parfois ils me plaisent, parfois non. Pour le salut, je préfère m’en remettre au Christ. C’est la fameuse histoire du rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.

- C’est vrai que vous et votre dame, vous allez à la messe tous les dimanches. C’est pas trop dur d’avoir deux patrons comme çà ?

- Pas du tout. Cela m’évite de confondre les niveaux : M. Macron est, jusqu’à preuve du contraire, notre président. Je prie le ciel de l’inspirer dans le bon sens. Mais, son rôle est limité. Ce n’est pas mon sauveur. C’est ce que dit le Nouveau Testament.

- Et qu’est-ce que je vais leur dire samedi ?

- Madame Ledoux, vous leur direz ce que vous pensez. S’ils ne sont pas d’accord avec vous, vous aurez encore une carte dans votre manche. Ce n’est pas en MELENCHON, en LE PEN, en FILLON, en MACRON, ou en HAMON, ou en quelqu’un d’autre que vous les aimez et priez pour eux, mais en Jésus Christ. S’ils ne le comprennent pas et essaient de vous faire pression pour que vous preniez leur parti en opposition aux autres, le problème n’est pas de votre côté, mais du leur.

- Merci docteur, combien je vous dois ?

 

 

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